2 avril 2017

Basta!

J’ai cette élève à qui je faisais évacuer son stress en lui permettant d’écrire tout ce qui lui passait par la tête…

Plus tard, en parcourant ses écrits, non seulement j’ai(une fois de plus) eu l’occasion de mesurer à quel point l’écriture est bénéfique pour l’esprit tourmenté, mais j’ai découvert aussi une personne qui, malgré qu’elle semble imprévisible et d’humeur changeante  par moments (comme moi), est tellement lucide qu’elle en devient sage à force. 

À un endroit sur la feuille, son écriture inspirée de son vécu en texto a révélé : « J’suis p-ê folle, mais j’ai p-ê raison de l’être. »

J’adore.
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Je me méfie des gens catégoriques. Ceux qui sont si rigides que jamais on arrive à les faire (ré)fléchir. Ils se vautrent dans une opinion hermétique, sans laisser la moindre place au doute, un élément essentiel si l’on veut évoluer.

Sous le prétexte que ma pétillante élève soit expressive, lorsqu’elle est contrariée, on la qualifiera aisément d’hystérique ou d’osti de folle.  

Mais franchement, je préfère 1000 fois un bon pétage de coche bien senti à une insidieuse implosion du coeur.


Les hommes de ma vie

Ne me demandez pas ce qui m’avait poussée à accepter ce pari débile, mais il reste que j’avais été d’accord pour flirter avec lui, devant les yeux écarquillés de ma copine, qui jurait que nous étions bien assortis.  

C’était facile, il avait l’air de Keanu Reeves, mais avec des yeux verts. Wow. C’était même moi qui l’avait embrassé! (dans le temps que j’avais du guts!) 

Au début, ça l’avait un peu shaké, mais « je l’avais rendu dingue de moi », qu’il disait… Trop mignon.

Il avait des iris si profonds que je m’y perdais à l’infini. Non seulement il était beau, drôle et très intelligent, mais il m’apprenait un tas de trucs, sans cette détestable impression de supériorité dont se revêtent certains hommes.

Dans sa grande sensibilité, et malgré notre jeune âge, il observait que je lui apportais une dimension de la vie qu’il ignorait : la créativité. Et moi, dans ma grande naïveté, je croyais le nourrir d’une énergie vitale. Je me suis leurrée.

En plus, il attirait les filles comme du collant à mouche, et ça a rendu mon air irrespirable. Disons qu’il était un peu trop ouvert, et que moi un peu trop fermée. Je ne voyais plus d’avenir pour nous.

Un beau jour, je l’ai quitté.  

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Je m’apprêtais à rentrer quand il était apparu dans l’embrasure de la porte de ma nouvelle classe.  

J’ai tout de suite su que j’étais cuite. Il avait l’air de Matthew McConaughey! Une telle assurance émanait de lui. Rien ne semblait l’intimider. Même pas moi. 

Nous étions tombés amoureux en jouant. On déconnait sans arrêt. On était saouls lors de notre premier baiser même! 

Les jours suivants, il lui arrivait de m’attendre au tournant d’un corridor et de m’embrasser avec un telle fougue que lorsqu’il me dégageait de son étreinte, je devais me tenir au mur, quasi évanouie. 

Avec lui, j’étais toujours déstabilisée. Cela passait des chansons débiles laissées sur ma boîte vocale à la manière dont il stationnait son bazou à moitié grimpé dans le banc de neige. Il incarnait une folie que je lui enviais : l’insouciance. 

Finalement, il s’est avéré étonnamment sérieux!

Un soir, il s’était senti si désemparé devant l’ampleur d’un de mes pétages de coche, qu’il avait dit, à cours de ressources : « Calme-toi, sinon j’appelle ta mère!"

Nous n’habitions ensemble que depuis trois mois.  Il était évident qu’il ne pourrait pas vivre avec moi (lire me gérer),  pas plus que je ne pourrais supporter ses silences quand je le suppliais de me parler.

Je suis partie.
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Ne me demandez pas ce que je foutais dans ce bar de la rue St-Denis alors que j’avais commencé ma soirée en pyjama…

Quand je l’ai aperçu au loin, mon regard ne l’a plus lâché. Toutes les filles le regardaient. C’était Johnny Depp! (La vie est un film dont nous sommes les acteurs. Pour une unique représentation.)

Lui, il n’en voyait qu’une, et c’était moi! Pincez-moi, quelqu’un!

Il était discret, mais j’avais ressenti très clairement son emprise sur moi.  J’étais attirée comme un aimant, vulnérable.  Je lui avais laissé mon numéro. 

Dès le lendemain, nous étions un couple. Inutile de combattre l’évidence : nous nous étions trouvés.  

Notre premier baiser aura été pendant le générique du film « Le Goût des Autres » au cinéma du Quartier Latin. Ça peut avoir l’air super quétaine, mais je vous jure…  Fallait être là! Ouf...

J’étais l’exubérante, lui le réservé.  Tout en moi le prenait par surprise.  Son tempérament pragmatique m’apportait une forme de sécurité, et c’est avec lui que j’ai choisi d’avoir des enfants.

Il m’a grand ouvert les portes de son monde.

Et pourtant...


Born to die

Je ne saurais expliquer ce qui me relie si fort à une chanson.

Quand les mots me manquent, elle s’impose à moi, m’offrant les ressources qu'il me manquent.

Ces derniers jours,  c'est la musique de Lana Del Rey qui me hante, me rappelant que mes amours ont réellement existé. Que j'y ai pris part. 

Born to die... C'est là tout ce que j'aurais dû dire dès le début. (Pas que ça, bien sûr! C'est tout le texte qui me parle!) Ça sonne dark, je sais.  

Oui,je suis fataliste sur les bords. 
Ce qui ne m'empêche pas d'aimer la vie!*


https://www.youtube.com/watch?v=Bag1gUxuU0g


*Je suis juste une grosse motte de contradictions





P-ê folle, p-ê pas 

Vous le savez, chers lecteurs(trices), que je tente quelques expériences de nature anthropologique ces temps-ci, hein?

Je m’amuse doucement, sur votre dos, (mais rien de bien méchant), à vérifier combien peut être profitable la stratégie d'appâtage médiatique appelée « clickbait » (voir texte Tu veux du cul?). 

Je veux vérifier si le « parler cru » est un outil; je souhaite mesurer si le vulgaire prend réellement le dessus sur le sens. 

Déjà, sans être totalement exhaustives, on peut dégager quelques tendances qui étaient à prévoir : les textes dont le titre est soit suggestif, agressif, ambigü et à tendance vulgaire récoltent le plus de clics. Les plus populaires sont « Fille facile », « Tu veux du cul? vol. 1 », « Tu veux du cul? vol. 2 » et « Une vraie pute ».
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C’est clair en tout cas que la technique du rentre-dedans, si savamment abordée par le personnage de Leslie Winkle dans le populaire sitcom "Big Bang theory", est fort lucrative lorsque l’on cherche la productivité. 

Autrement,  elle rend  mal à l’aise et suscite beaucoup de jugement de la part des autres.

Mais cela est néanmoins « la preuve tangible que notre époque mute vers une domination totale de la forme sur le fond » (Le mystère Henry Pick, David Foenkinos, p.137)


Agir et/ou mourir

Tout le monde connaît les célèbres romans constituant la série Millenium.

Cependant, moins de gens savent que l’auteur, Stieg Larsson, est mort juste avant leur parution. 

Quel gâchis…
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J’en connais assez de la vie pour savoir qu’elle entraîne la mort.

C’est pas très positif tout ça, vous trouvez?

Peut-être. Mais c’est vrai.

Et quand vient le temps où la persévérance se transforme en acharnement, c’est carrément toxique.

Considérant qu’il faut faire ce qui doit être fait, il est maintenant temps de fermer ce blogue.



J'ai confiance.

Sachant qu’on ne peut rien prévoir dans la vie, même pas son fonds de retraite! (une pensée spéciale pour toutes les personnes qui ont été flouées par les Vincent Lacroix de ce monde, et à tous ceux qui sont morts à l’ouvrage avant de profiter de leur argent), il me semble opportun de clore ce cycle.

Je quitte. Comme Jean Leloup l'a déjà fait, dans le fond. (Le battage médiatique en moins.) 

Tout comme Elizabeth Gilbert, l’auteure de "Mange, prie, aime", je crois que nos ruines constituent les bases de nouvelles constructions, plus fortes et plus sophistiquées.

Je vais assurément réapparaître ailleurs. En mieux. C’est ça qui est beau.

Un de mes auteurs fétiches disait qu’ « écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne jamais partir ». C’est pourquoi je me suis toujours employée à écrire pour vous autant que pour moi.

En vous sachant là, j’ai vécu de formidables voyages, au bout desquels je n’ai jamais eu peur d’aller.

Merci pour votre ouverture, votre loyauté!

Avec toute ma gratitude,

Audrey

xxx

25 mars 2017

UNE VRAIE PUTE!

(Série Invectives/Test clickbait no 004)


Tu es nouveau(nouvelle) sur le blogue de l'écrivaine? 
Tu t'es laissé(e) tenter par un titre plus pimenté que ton quotidien, c'est ça, hein? 
Sois pas gêné(e) et bienvenue!
J'ai le plaisir (pas coupable du tout) de t'annoncer que tu es tombé dans mon piège* (rires diaboliques) 

*Je mène une étude informelle sur l'appâtage médiatique. En plus de trouver ça fascinant, j'aimerais pouvoir m'en protéger, mais à la fois en profiter. Ben quoi?... T'es plus catholique que le pape, toi, c'est ça? 


Le vif du sujet

Il y a que j'ai fait une chute.
Pas de haut. Je suis tombée sur la glace. BANG! J'ai perdu le contrôle de mon corps. Vraiment fâchant.
Tout mon côté droit en a écopé. Je suis tuméfiée à l'épaule, aux côtes... ayoye!

Ce matin, je pense à ma grand-mère, qui n'arrêtait pas de se casser la hanche en tombant, et j'ai réalisé que mon corps n'était pas si résistant. Je me suis sentie particulièrement faillible. Pas qu'avant j'étais totalement inconsciente, mais puisque je ne me fais pas mal souvent, j'avais plus ou moins d'idée sur l'inconfort de la douleur lancinante, celle qui reste et vous amoindrit.

Pour résumer: aujourd'hui, je ne ferai pas grand chose autrement que de penser à améliorer ma piètre condition.

Heureusement, dans ce temps-là, je me botte. 
Quoi faire d'autre? C'est le chemin le plus rentable pour ne pas gaspiller ce précieux temps qui nous est prêté, non? 

Et si demain, je me cassais le cou? 

C'est pas du fatalisme, c'est du RÉALISME! ( Lâchez-moi avec vos commentaires* du genre "Sois pas négative".) 

C'est pas négatif, c'est juste la vie. 


*C'est même pas vrai, personne n'écrit jamais de commentaire sur mon blogue, sauf une fille dont le pseudo est Biscuit, ma bff et ma mère. Ah oui! Il y a aussi une fois, un très beau gars m'avait écrit qu'il me voulait full. J'étais en couple à ce moment-là, alors j'avais décliné... Quel dommage que je n'aie plus ses coordonnées! Encore là, je ne suis même pas à 100% sûre qu'il existe. En la triste occasion de la messe anniversaire tenue en l'honneur de ma cousine Sandra, assassinée il y a un an par un mongole, je m'aperçois que je suis devenue plus méfiante. C'est poche, hein? Voir le billet LETTRES À MES FILLES: http://audreylevesquelecrivaine.blogspot.ca/2016/03/lettre-mes-filles.html  


Ça va faire!

Je me tâte les côtes ce matin, et je me dis que je n'ai pas le luxe de tomber trop souvent. Je me sens tellement mal...
Il y a quelque chose qui ne me rentrera jamais dans la tête: que des gens s'infligent des coups délibérément (combat extrême, boxe, rugby, etc...) 

Je pense à George St-Pierre, et je ne le comprends pas. Il n'est pas con, pourtant! Se faire démolir la tronche "de façon sportive", je catche pas l'intérêt. Y aurait pas moyen de faire autre chose, sérieux?

Me semble qu'il doit tellement se sentir moche après un combat?!? Faut pas s'aimer! 

J'ai juste mal aux côtes pis je veux mourir!
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Comme je fais tout le temps quand je me sens pas grosse dans mes culottes, je pose une action kamikaze. (Tout à coup que je serais en train de mourir d'une hémorragie interne*). J'ai pas une minute à perdre.

*Possible éventualité. Ça n'a rien à voir avec l'hypocondrie, ok là?


On écrit aux éditeurs ensemble!
(courriel intégral, envoyé ce matin même à 5 maisons d'édition québécoises se spécialisant dans la bd et le roman graphique)


bOnJoUr,

La rumeur dit qu'on ne doit pas vous interpeller pendant que vous délibérez (pendant de longs mois.) 
Mais il y a que moi, les rumeurs, bof.

Il y a environ 6 semaines, je vous ai envoyé mon manuscrit intitulé nANa
Je vous demandais si vous aimeriez l'illustrer. 

J'en rêve depuis tellement longtemps! J'adore l'illustration, mais je n'ai pas le talent qu'il faut. J'ai besoin de vous! Et il y a que j'ai un peu peur de mourir avant d'avoir au moins UN livre de moi dans une bibliothèque municipale. 

Que voulez-vous, y en a qui s'introduisent des choses inusitées dans l'anus,  moi, je rêve d'être publiée. Quelqu'un aurait-il du mal avec ça? 

J'ai longuement retravaillé mon texte afin de le faire passer de 250 à 56 pages (votre version en pièce jointe) afin qu'il soit adaptable au format graphique. 


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Un jour, mon cousin, http://www.denisgirardphotographie.com/ (plogue/solidarité familiale)m'a dit quelque chose d'intéressant auquel j'ai décidé de m'accrocher après avoir essuyé tant de refus que je ne les compte même plus: "C*isse! Me semble que ça peut pas être si mauvais que ça?!?" 

Vous me direz que c'est mon cousin, qu'il manque d'objectivité, mais bon, faut pas lâcher, ça l'air. 

Donc, j'applique. 

J'ai l'habitude de dire "qu'il faut faire ce qui doit être fait." Mon petit doigt me dit que je suis rendue à faire du "rentre dedans".

Mini topo de moi

J'ai 42 ans, je suis montrable publiquement, je sais comment me comporter avec les médias, et j'ai du gaz. Je sais rester à ma place. En vrai, je suis moins excessive que mon écriture.  Je veux accéder à votre monde fascinant. Aidez-moi à vivre cette expérience unique. (help me?/come on?/je suis gentille? :|)


Je blogue depuis quelques années! 
J'ai une soixantaine de billets disponibles en ligne au http://audreylevesquelecrivaine.blogspot.ca

Apprenez à me connaître! (please...)  

Tout comme mon écriture, je jure d'être adaptable au format qui vous conviendra, avec l'illustrateur/trice qui vous conviendra, pourvu que ça donne un résultat que j'aime!(ben là!) Tsé un livre qu'on aimerait laisser traîner parce qu'il est trop beau. Genre que toutes les filles voudraient en acheter un pour flasher dans un shower. (pistes promotionnelles offertes par la maison.)

Je croise les doigts comme des tortillons pour que VOUS NE ME REJETIEZ PAS comme une vulgaire chaussette comme quand j'étais petite à l'école primaire et que je me faisais intimider comme Georges St-Pierre. (Pratique honteuse du beurrage épais. Voyez?J'en suis rendue à accepter de jouer la comédie pour atteindre mon but! C'est même pu drôle...)

Et puis merde, je suis pas un chat. 
J'ai juste une vie, moi!

Ciao! xxx


Audrey Lévesque, enseignante
Classe Multi-Défis
Pavillon Durocher
CFGA des Rives-du-Saguenay

19 mars 2017

Tu crains, connard!

(Série Invectives/Test clickbait no 003)


Si tu as lu mon billet précédent, tu sais que j’y abordais la pratique malhonnête du clickbait (piège à clics). Donc si c’est par curiosité que tu es là, et non parce que tu es un fan fini de mon envoûtante écriture, j’ai l’insigne honneur de t’annoncer que je t’ai attrapé dans mes filets. (rires diaboliques).  Quant à la personne qui m’a inspiré ce titre hargneux, je dirais qu’elle n’existe pas, ça m’est venu comme ça. (commentaire rassurant pour mes lecteurs paranos)

Bon toi, tu fais quoi? T’as deux choix :

Première option: On se dit "sans rancune et adieu".  Mais prends garde, t’as un léger penchant voyeur et/ou agressif. Le début de mon étude superscientifique le montre déjà, mais check ben ça, je vais avoir des preuves tantôt. Tellement intéressant anthropologiquement parlant. (TIAP)

Deuxième option: Tu restes. Tire-toi un rang. Bienvenue pis on n’en parle pu.



Action réaction

Je me souviens très bien de ce jeu télévisé animé par Pierre Lalonde.

Assise devant l’écran, je cherchais comme une folle le mot qui découlait du précédent. Le principe était fort simple : un mot était soumis à un premier concurrent, qui devait en trouver la suite logique afin de ne pas devoir céder son tour à l’adversaire.

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On joue?

Nous commencerons avec le mot FOUDRE.

Et parce que je suis Pierre Lalonde, que je suis chagala, et que c’est ça le règlement, je te donne la première lettre du mot que tu dois chercher.

Je te dévoile donc un C.

Spontanément, de ta fulgurante intelligence ( Lèche-cul de blogueuse qui commence à comprendre comment ça marche la patente, LCDBQCCCCMLP.), tu me réponds : «COUP! » Pour COUP de FOUDRE.

Bravoooo!! 100 points!

On continue?

Nous ajoutons maintenant le mot COUP à notre série d'associations. On a-tu du fun yinqu'un peu?

Je te donne maintenant un P.

Parce que tu es très hot (LCDBQCCCCMLP), tu me répondras PIED. Pour COUP de PIED.

Et ainsi de suite jusqu’à épuisement des éclats de rire sponsorisés de Pierre Lalonde.



Le poids d’un mot.

Un de mes auteurs favoris, David Foenkinos, en plus d’écrire tout un tas de romans les plus géniaux les uns que les autres, écrivait dans son dernier roman « Le mystère Henry Pick » « qu’un mot peut changer un destin ».

C’est tout simple.

On aurait tous pu écrire ça.Parce qu’on le sait qu’un mot peut changer un destin. On a qu’à penser au mariage. Mais en dehors du OUI crucial des vœux d’union, tellement d’autres mots ont également le poids de leur impact. 

Certains mots portent même la voix d’un peuple entier! (TIAP) D’où l’importance de les mesurer et de les choisir.Même chose pour le moindre de nos gestes.
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Ce matin, j’ai vu sur FB ce vieux Japonais nommé M. Kuroki qui, pour consoler sa femme bien-aimée atteinte de cécité, a semé une espèce de fleur mauve et particulièrement odorante sur des centaines de mètres autour de chez eux. N’est-ce pas un geste d’une portée magnifique?




Les actions-réactions que je trouve cool

Il y a cette vieille fashionfreak qui me fascine, Iris Apfel . Son histoire, encombrante comme ses bijoux, me rappelle que l’on est fait de chacun de nos mots, chacun de nos gestes, et que l’on s’en construit lentement, au fil du temps.  Un mot égale un pas. Ce n’est que très tard dans sa vie que son travail dans la mode a été remarqué. Mais quelle œuvre! Pour elle, le temps aura été son atout.  Pareil pour le Colonel Sanders, qui n’aura ouvert sa toute première franchise de PFK qu’à 65 ans! Il a bien fallu qu'il les mérite ses médailles, le colonel, avant de faire du poulet!
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J’écoutais récemment une entrevue avec mon rappeur préféré de tous les temps, Akhénaton, l’ex- leader de IAM, (groupe de rap marseillais populaire dans les années 90), et j’appréciais réellement l’entendre dire qu’il avait maintenant la certitude que le chemin par lequel il était passé avait été nécessaire à ce qu’il est aujourd’hui, et qu’après coup,  il arrive à être reconnaissant, voire redevable, aux épreuves qui ont parsemé sa route.




Parlant de rap

Vous avez été des milliers à m’écrire(Grosse bullshit de blogueuse. Naïfs et naïves, faites gaffe!) pour me demander comment ça avait été ma performance à Slam Saguenay en février.

Imaginez-vous donc que je n’y suis pas allée! Et ce n’est pas faute d’avoir voulu, je le jure! 

Un autre fascinant exemple d’action réaction!

J’ai commencé par aller écouter les slameurs au Bar à Pitons. (ACTION)

Ça m’a donné le goût d’y participer. J’ai écrit un texte spécialement pour ça. (RÉACTION)

Je me suis pratiquée. Mais février est arrivé vite. Je ne me trouvais pas assez bonne.  
J’ai décidé de me reprendre en mars. (ACTION)

Hélas, toutes les places étaient déjà prises quand j’ai voulu m’inscrire. Je me suis donc placée sur la liste d’attente. (RÉACTION)

Le mois de mars est arrivé avec ses gros sabots, et j’ai sauté sur une occasion inespérée d’aller me faire chouchouter dans un colloque sur l’enseignement. (ACTION)

Une place s’est libérée sur la liste pour Slam Saguenay. Merdeuuuuuu!!!!! Impossible, c’est en même temps que le colloque!!!  Et comble de malchance, c’était le dernier événement de la saison! (RÉACTION)

J’ai demandé : « Est-ce qu’il est trop tôt pour s’inscrire pour septembre? » (ACTION)

Elle a répondu : « Non, pas du tout… » (RÉACTION)


À Suivre…

12 mars 2017

Le poison et son antidote


Une de mes élèves, d'habitude tonitruante, avait fait son entrée dans la classe en silence ce matin-là. En temps normal, je me serais fiée à ses paroles pour mesurer son humeur. Il faut dire qu’elle a un « flow » assez puissant! Elle ne mâche pas ses mots et ne lésine sur aucun détail. Même si on ne la paye jamais pour qu’elle donne un show, c’est surprenant, on a toujours l’impression d’en avoir eu pour notre argent! 
Mais pas cette fois-là.
J'avais jamais vu ça. 
C'est comme si elle venait de se faire ramasser par la gratte.

Silencieuse moi aussi, je l’ai regardée quelques instants, et j’ai vu plus clair en elle que si j’avais été inondée de ses paroles. J’ai saisi d’un seul coup l’ampleur de son néant, et ce, pour une seule raison : cette fille ne porte pas de masque.

Ce matin-là, j’étais en présence de l’Authenticité même, aussi fulgurante qu’un cri, en dépit du silence.
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Quand elle était enfin parvenue à articuler quelque chose, ça avait été pour dire : « Faut que tu doutes de toute dans vie. Sinon, ça fait que t’es yinque un esti de naïf! »

C’est sec, mais elle a raison. 


Douter d’emblée, et accorder sa confiance ensuite (et/ou au mérite) est une arme contre l’abus.
Quand on doute de ce que l’on nous dit (nous présente, nous offre, etc.),  on envoie le message qu’on refuse d’être considéré comme une éventuelle victime. On se positionne. 

On se tient debout.

Ma mère m’a toujours dit de marcher d’un pas assuré dans la rue, pour donner une impression de force physique. Elle souhaitait ainsi m’éviter une agression, et même si je trouvais ça débile à l’époque, je me suis entendue le répéter à mes filles l’autre jour…

Et d'ailleurs, j'ai été drôlement soulagée de constater que mon élève semblait garder en tout temps "sa petite lumière allumée", qu'elle portait un masque de temps en temps.

Son authenticité peut devenir son poison, bien sûr -elle est tellement spontanée!- mais lorsque son regard revêt le voile discret du doute, elle devient aussi sa propre antidote.
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Douter, ça ne veut pas dire "avoir peur". Douter, c’est plutôt "ne pas baisser sa garde". 
Exactement comme ces vaillants guerriers, en garde sans relâche, dans le film "La grande muraille" avec Matt Damon. L'avez-vous vu? (Je lui ai donné un maigre 2,5/5)

Pendant que des centaines de milliers de créatures sanguinaires se faisaient décapiter par des centaines de milliers d'habiles combattants (à la plus grande satisfaction de mes filles), moi je me disais que ce film illustrait à merveille la forme de doute que je trouve saine, c'est-à-dire, celle qui ne tombe pas dans la paranoïa. Celle qui génère plutôt une énergie créatrice sans laquelle les guerriers chinois n'auraient pas été aussi forts. 
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Mais comme on n'est pas dans un film, peut-on espérer être une personne authentique (c’est-à-dire se présenter aux autres sans filtre), et À LA FOIS éviter de se faire avoir?


Mon masque de superhéroïne

Il y a un moment, j'ai parcouru « Dis-moi qui est ton superhéros préféré et je te dirai qui tu es ».
C’est un essai pompeux qui aura au moins eu le mérite de me distraire et de me permettre quelques réflexions.  

Ainsi, j’ai appris que mon penchant lointain pour Poison Ivy (Surnommée aussi « L’Empoisonneuse », elle est une ennemie de Batman. Mais ça ne l’empêche pas d’être gentille avec les plantes, qui le lui rendent bien d'ailleurs, en ayant fait d’elle une redoutable herboriste tueuse.)révélait que j’étais soi-disant naturellement encline à « masquer » qui je suis vraiment.

Ah ouin? Peut-être bien. Comment faire autrement??? Notre monde est truffé de subterfuges, de faussetés, de mensonges, de leurres… C’est vraiment rendu n'importe quoi, on dirait Gotham City! #j'exagère #quasimentpas



Maudits messages ambigus

Il y a une personne avec laquelle j’ai tendance à me coltiner. (J’aime ce mot! Il veut dire s’affronter, mais comme il est tout mignon, comme dans « je me coltine avec toi », on a tendance (O.K., J'AI tendance) à le voir comme un affrontement entre des personnes qui s’apprécient… xxx) 

L’un de nos points de discorde touche l’emploi des mots qu’elle utilise pour me parler. Leur inexactitude… ça me rend dingue! Il en résulte que je n'obtiens pas l'heure juste! C'est tellement choquant!Et pas très authentique.

À titre d’exemple, je pourrais citer la fois où elle m’a dit que « je la faisais rire », alors qu’en réalité, je la faisais ch*er.  Est-ce qu’on peut au moins s’entendre sur le fait que lorsqu’une personne nous fait rire, c’est  assez positif comme sentiment?  A contrario, si elle nous fait ch*er, c’est plutôt négatif, non?  Alors pourquoi ne pas utiliser TOUT DE SUITE les mots justes? P-O-U-R-Q-U-O-I? Quelle perte de temps et d’énergie!  
Ça me dépasse complètement.

Si on me donnait le choix, je préférerais toujours le silence aux paroles creuses.


« Tu veux du cul? »

Il y a environ un an, je soumettais un billet sur ce même blogue, en prétendant qu’il serait le plus populaire pour l’unique raison qu’il portait un titre provocateur : « Tu veux du cul? »  Et j’ai eu raison!  À ce jour, il demeure celui de mes textes qui aura obtenu le plus de clics!
Depuis, l’hypothèse a été vérifiée à maintes reprises et la progression fulgurante de cette pratique trompeuse a même donné naissance à une appellation : le clickbait, ou en français, piège à clics.(désigne un contenu Web qui vise à générer des revenus publicitaires en ligne, et dont le titre est le plus souvent sensationnaliste, voire mensonger, dans l’unique but d’appâter les internautes.)
Et personnellement, j’en ai même tiré une thèse « hautement scientifique » qui se résume en ces termes également « hautement scientifiques » :  On est vraiment trop caves.


Et là, on fait quoi?

-Je vote pour qu’on reste lucide. Qu’on garde notre petite lumière allumée. (Et pas besoin d’être une 100 watts, là!)  Juste assez de doute pour ne pas être manipulé.
-Je ne vois pas de mal à garder mon masque de Poison Ivy en quelques occasions. Cela me permet de me protéger des invasions. Tant de gens veulent franchir nos frontières personnelles, tout le temps! Ne pas TOUT révéler ne veut pas dire qu’on souhaite TOUT cacher non plus!
-Mieux vaut qu’on dise les choses sans détour. Ça évite les cafouillages. Et si on choisit le silence, il faut se dévêtir du masque. Le silence peut être tellement ravageur parfois, car il permet à l’autre de l’interpréter à sa manière. Et Dieu sait que les dérapages peuvent être infinis… (en tout cas dans ma tête, oui)


Et surtout, ne pas perdre de vue que nous pouvons être un ennemi pour nous-même(poison), et qu'il appartient à chacun de s'en protéger.(antidote)N'est-ce pas normal après tout d'être en mesure de sauver sa peau en temps opportun? C'est une chose d'être naïf, mais courir à sa propre perte, s'en est une autre.  

Je suis (presque)sûre qu'on est capable de pas faire (trop) les caves...