27 juillet 2014

La vie est une poutine

Chance : n.f.  Ensemble de circonstances heureuses


J’avais les mains moites un peu, quand même. Un éditeur acceptait-il déjà de publier mon roman? Ce serait tout un tour de force. Première réponse, et favorable en plus! Mais non.

Quand j’ai déchiré l’enveloppe, j’ai vu à travers le pliage qu’il s’agissait  d’une lettre polie, issue d’un canevas évident, dans laquelle ils me remerciaient d’avoir eu de l’intérêt pour leur maison d’édition.

L’effet fut immédiat : j’avais encore raté quelque chose.

Après, je me suis demandée : « Pourquoi ai-je souvent l’impression de ne pas réussir? » 
Ma réponse était toute simple, évidente: parce que je tente ma chance... tout le temps!

J’ai imaginé ce nuage pluvieux au-dessus de ma tête, celui qui me faisait me sentir toute petite, fragile et frigorifiée. Et au lieu de me laisser pleuvoir dessus, j’ai choisi de me soustraire de sa trajectoire. Je voyais l’averse tomber à côté de moi. Et déjà, je me suis sentie moins vulnérable. Déçue un peu (c’est normal), mais pas défaite.  Il faut se le dire: tout n’est pas terminé. Et je préfère cent fois me faire écorcher à l’occasion plutôt que de ne pas avoir écrit mon roman!

C’est comme la poutine. Je suis au courant que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour ma santé, mais si je ne m’en offre pas une de temps en temps, j’ai l’impression de passer à côté de la vie!

Pareil pour une maison d’édition : une seule suffira à me combler. Deux, ce serait trop!




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