30 août 2014

Ceux qui parlent aux morts sur FB

Se prioriser. v. pron. Passer avant les autres.

Au début, je trouvais ça vraiment bizarre. Je me disais : « Ils sont cons ou quoi? »
Mais maintenant, après avoir fait l’exercice de me mettre à leur place, je dois dire que non seulement je trouve ça bien d’écrire à un mort, mais je considère que c’est une pratique plutôt saine, sur Facebook ou ailleurs. Il y a là un formidable mécanisme de survie. Un ultime outil pour SE PRIORISER, sans égard à ce que les autres peuvent penser.  J’aime.

En fait, ON UTILISE LES MOYENS QU’ON A.

Cet agent de chez Whirlpool, que je retenais au téléphone pour lui mentionner les lacunes de leur service, (et qui devait en avoir bien marre de mon cas), s’est PRIORISÉ en faisant mine de me rediriger vers un autre département, « qui saurait me donner satisfaction ». (Méga bullshit!) Il a décidé que je ne lui gâcherais pas sa journée, et il a utilisé les moyens dont il disposait pour prendre le contrôle sur ce qu’il était EN MESURE de contrôler (car il y a tant de choses qu’on ne contrôle pas!).  J’aime. Mais en même temps, j’aime pas, car inutile de vous dire que personne n’est venu récupérer la ligne, et le temps d’attente a eu raison de ma détermination. Mais tout de même. J’ai une forme de respect pour cet agent qui m’a tassée de sa vie. Je doute qu’on ait pu devenir amis de toute façon!

Une autre façon admirable de SE PRIORISER, (et je vous jure que pour celle-là, j’aurais du mal, mais je comprends l’importance du geste), c’est quand les agents de bord nous expliquent, avant le décollage de l’avion, qu’en cas de dépressurisation de l’appareil, la mère ou le père doit D’ABORD  se donner de l’oxygène, avant de déposer le masque sur le visage de son enfant.  Je me vois mal ME PRIORISER pendant que mon enfant suffoque. Et pourtant... je me vois mal lui donner de l’air si moi-même je suis morte suffoquée.

Bref, c’est la preuve que se prioriser n’est PAS une chose FACILE. On doit parfois se faire violence, passer par-dessus les jugements, quitte même à perdre quelques plumes au passage.


Comme cette fois où je n’ai trouvé d’autre moyen que de sortir pieds nus sur la galerie, un après-midi de tempête, pour « me rafraîchir » les idées et éviter de pogner les nerfs solide après ma plus jeune. En laissant mon enfant de quatre ans seule dans la maison, je me suis PRIORISÉE.  Je me suis protégée de l’impassibilité du jugement que je m’imposerais si je cédais à la colère qui m’habitait à ce moment-là. Je me suis donné une bonne raison de me respecter. J’ai assurément évité à mon enfant de se prendre une raclée. MAIS j’ai aussi pris un rhume! 



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