13 août 2014

Je joue aux échecs

Échec : n.m. Insuccès. Manque de réussite.

J’en suis à mon quatrième refus.
Jusqu’à mon rêve français qui vient de s’éteindre. 
Par chance, le plus heureux des hasards a mis sur mon chemin un texte qui explique à quel point les géants de l’édition (comme Gallimard) avaient peu de considération pour leurs auteurs. Donc (en quelque sorte), je suis quasiment  bénie de n’avoir pas été sélectionnée. Tant qu’à se faire traiter comme une merde, autant ne pas se faire traiter du tout. Et il y a cet auteur québécois que j’aime beaucoup, qui a le chic de nous ramener à la réalité : «L’échec du premier roman est un processus « normal » en littérature. La plus grande partie des auteurs est passée par là. Ne faites pas de cette étape une tragédie insurmontable! » (Jean-Benoît Nadeau, Écrire pour vivre).

On a beau dire, on a beau faire, quand la nouvelle de l’insuccès tombe, on tombe avec elle. J’ai à chaque fois un bon quinze minutes de désespoir profond où je me sens capable de me jeter en bas d’un pont. Mais comme celui le plus près de chez moi est à vingt minutes, je n’ai jamais le temps de m’y rendre! Me reviennent immanquablement les paroles que je m’échine à entrer dans la tête de mes élèves : « L’échec n’existe qu’en nous. Et il nous appartient de le refuser. »

C’est vrai, au fond!  Le ministère a établi que pour réussir, il fallait cumuler soixante points. Soit.  Mais si on arrive à en amasser cinquante, on est nul? Pas bon? Pourri? Non!!!!
On est juste tellement près du but qu’on y touche presque! Et c’est le moment de se remonter les manches pour aller chercher les quelques points qui manquent pour régler le compte une fois pour toute à cette norme établie par « on ne sait qui », et au nom d’ »on ne sait quoi ». Après tout, les points qu’on a récoltés, on est loin de les avoir volés! On se les doit et on a le devoir de s’en féliciter! 

Et moi, c’est pareil pour les refus qui sont en train de se multiplier. Oui, ça veut dire qu’il me reste du chemin à parcourir, et des fois, j'aimerais bien goûter enfin à un peu de répit. Mais mon roman, il est là. Et je ne l’ai pas volé. Je me le dois. Et en soit, il s’agit d’une réussite.

Les échecs sont un jeu, et rien d’autre!







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