24 octobre 2014

Coupable

Se culpabiliser : v. pron.  Développer un remords


Je m’emploie quotidiennement à poser des gestes qui m’apparaissent en lien avec l’idée suivante : J’agis, donc j’assume.
C’est ce qui explique, entre autres, que je me sente (relativement) en paix avec ce dixième refus que j’ai reçu hier d’une maison d’édition que j’avais sollicitée pour la publication de mon roman. Je me dis qu’une fois que l’action est prise, il n’y a plus de place pour les regrets, il faut regarder vers l’avant. C’est la seule chose constructive à faire, considérant qu’on ne peut pas revenir en arrière. 

Je ne me reconnais pas en la nostalgie. Je suis innovante. MAIS...

Mais JE ME SENS COUPABLE PAREIL!!! C’est tellement con! C’est plus fort que moi, tous mes doutes refont surface, et je me bats férocement contre ces regrets qui s’immiscent entre mon esprit et le réconfort de mon café matinal : « Et si j’avais mis plus de dialogues? Et si j’avais enlevé le chapitre 9? Et si j’avais révisé une 200e fois? S’ils trouvent mon roman nul, est-ce que ça veut dire que JE suis nulle? Je manque donc à ce point d’autocritique?  My God, ça va mal, mon affaire »... Et je vous épargne la suite, car elle existe bel et bien, et c’est un puits sans fond.

Je pense qu’il est normal d’avoir des doutes. C’est ce qui nous permet de peser le pour et le contre de nos actions, et c’est bien. Mais là où ça ne va pas, c’est quand on se laisse bouffer par nos craintes, nos hésitations. Elles n’ont pas ce pouvoir, à moins que nous leur accordions. La vie est pleine de contradictions, d’opinions biaisées,  de paroles creuses et d’incongruités.  Comment nous y retrouver à moins de détenir LA vérité? Impossible.

Alors aujourd’hui, comme à chaque jour d'ailleurs, je jongle avec ma perplexité. Plus tard, je me positionnerai, et à partir de là, je ne reculerai pas. Mais en attendant le déclic, je doute.  

Par exemple, en ce moment, je pense à Bernard Werber, un de mes auteurs favoris, qui a mentionné un jour dans une entrevue que les auteurs qui voient leur roman refusé par toutes les maisons d’édition devraient comprendre que c’est parce que ce dernier n’est probablement pas à la hauteur. Curieux, quand on pense que ce même auteur a essuyé des refus pendant 6 ans pour son roman planétaire « Les Fourmis », et qu'il suggère dans une autre entrevue de ne jamais abandonner! Voyez-vous, quand je vous parlais de contradiction?
C’est comme pour l’antisudorifique...  Il bloque les pores, et il a une responsabilité relative à l’apparition de tumeurs cancéreuses.  Alors, on propose le déodorant, mais c’est pas efficace.
Donc je fais quoi? Je me tape un cancer, ou je sens le swing jusqu’à la fin de mes jours?
Honnêtement, je suis bien embêtée...







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