4 décembre 2014

J'emmerde mon portefeuille.


Sacrifice : n.m. Renoncement ou privation volontaire

Je ne fais pas pitié. Vous la savez, je me suis fait une amie de la précarité. C’est devenue une formidable occasion de déployer des stratégies créatives, et je crois même qu’il m’est arrivé un tas de belles choses justement parce que je marche sur un fil.

J’ai fait des choix qui ont dessiné ma voie : je me suis lancée en affaires au lieu de me construire une ancienneté en enseignement; et je suis restée à la maison avec mes enfants pendant longtemps. J’ai sacrifié ma carrière, ce qui fait qu’aujourd’hui, je suis une suppléante, sans école d’attache, sans promesse d’embauche,  sans salaire fixe. Mais j’assume.  
Je l’ai dit, il s’agit d’une conséquence logique aux choix que j’ai faits.

Ce qui me désole par contre, c’est que ces choix m’aient placée dans une posture si délicate. J’aurais cru que ce serait plus facile. Je ne regrette aucune de mes décisions, mais disons que cette liberté que je me suis donnée, je la paye! Je n’ai plus de chômage depuis plusieurs mois, et ce téléphone qui ne sonne pas! Un calcul rapide me permet d’établir que je n’aurai donc pas de paye en décembre.

Bien sûr, il y a quelque chose d’insécurisant (surtout que les Fêtes coûtent cher). Mais voilà : j’ai choisi de faire face au lieu de m’apitoyer. Je vais vivre les sacrifices obligés comme de nouvelles opportunités d’apprendre à me débrouiller. Et vous savez quoi? Je vais passer à travers cette période en respirant, comme je l’ai toujours fait. Il n’y a rien de plus important que l’air qui gonfle mes poumons (et quelle chance qu’il soit gratuit!) Je veux que mes filles me voient pédaler, me voient inventer, me voient tenir serrés les rennes de notre vie de famille, et surtout, qu’elles saisissent toute l’importance de savoir se revirer sur un dix cennes. Avoir les deux doigts dans le nez n’aura jamais rendu service à personne, et comment apprendre à s’adapter aux aléas de la vie si on se maintient dans un cocon ouaté? Ce confort que l’on se donne, il faut en sortir parfois, ne serait-ce que pour l’apprécier. Et aussi pour apprendre à ne pas le prendre pour acquis. Car la vie est en dents de scie, et quand vient un creux, il est capital de savoir s’en extirper.  C’est dans cette aptitude que je puise ma fierté.

Lutte!!! 




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