7 février 2015

De la bombe.

Nerfs n.m. pl.  Système nerveux considéré comme le siège de l’équilibre mental et de la capacité à garder son calme.


Un jour d’intense écoeurement où j’étais sur le bord de faire cuire ma plus jeune en méchoui, j’ai composé le 8-1-1 (Info-Social). 

Après quelques rencontres fort productives avec notre travailleuse sociale attitrée, notre famille est maintenant équipée d’une méthode de gestion de la discipline CONSTANTE ET RIGOUREUSE, ce qui nous faisait dramatiquement défaut. 
Pas que  nous étions si mous, mais juste éparpillés. Et les enfants en profitaient, sachant bien qu’à part notre amour, il n’y avait pas grand-chose de couler dans le béton à la maison.

Aimez-vous le théâtre?
Moi, pas tant.
Mais j’ai quand même écrit une saynète, réplique exacte d’un épisode tendu entre ma plus jeune et moi. Voyez par vous-même à quel point je reste zen. Je m’étonne moi-même…

TITRE : LES NERFS!

PERSONNAGES :
IRIS, 8 ans. Impulsive, fatiguée de sa journée, et affamée.
AUDREY, 40 ans. Impulsive, fatiguée de sa journée et affamée.


(Iris rentre de l’école, elle réclame une collation en chiâlant, faisant fi des mots magiques habituellement requis et de ce que sa maman était en train de faire)

IRIS: J’ai faim!!! Je veux manger!!! Tout de suite, bon!!!
(Et elle garoche son sac à dos avec fracas dans le mur, et pitche ses bottes tellement loin qu’on les cherche encore.)

AUDREY (acceptant de bon cœur de mettre ses occupations de côté) : Parle-moi autrement, ma chérie.

IRIS (criant) : Tu décideras pas de ma vie!!!! J’ai faim, bon!!!!

AUDREY :  Iris, je vais compter jusqu’à 3. Après, si tu cries encore, tu feras face à la conséquence : tu devras te coucher 10 minutes plus tôt ce soir.

IRIS (hurlant): Noooooooonnnnnnn!!!!

AUDREY : 1…2…3.

IRIS (en crisse): Nooooooooonnnn! Tu me fais chier!

AUDREY :  Tu es au courant que la violence verbale, on ne tolère pas ça ici. Je te mets en « arrêt d’agir ». Va t’asseoir sur le pouf pour 5 minutes.

IRIS : J’irai pas!

AUDREY : 1…2… (Iris se précipite sur le pouf)  Tu l’as échappé belle.

(Iris est peut-être assise, mais elle tempête. Et elle fait sa fête au pouf.)

AUDREY : Violence contre le matériel. C’est non négociable. J’ajoute 5 minutes. C’est moi, l’boss ici!

(Iris se lève, et tente de trafiquer la minuterie électronique qui tient le temps de son « arrêt d’agir ».

AUDREY : Retourne sur le pouf, Iris. Je compte : 1…2…3. Désolée, 10 minutes de moins à ton horloge.

IRIS (en double crisse) : Noooooooooooooonnnnnnnn!!!! J’veux pas me coucher plus tôt.

(Elle pleure et fait le bacon sur le plancher.)

AUDREY : Je comprends, mais tu as fait le choix de ne pas te calmer avant que je finisse de compter.  Maintenant, je n’y peux plus rien.

IRIS (criant toujours, mais commence à manquer de gaz) : Laisse-moi tranquille!

AUDREY : Baisse de ton, veux-tu?

IRIS : Nooooon!

AUDREY :  Comme tu voudras. 1…2… Merci.


Fin.

C’est ainsi que cette histoire se termine. 

Iris aura obtenu 10 minutes "d’arrêt d’agir" sur le pouf, et se sera couchée 20 minutes plutôt qu’à l’habitude. 

C'est rien! 

Au début, elle a fait dégénéré sa colère au point de rester 40 minutes sur son pouf, et même, un soir, elle aura dû commencer sa nuit à 17h10...

Il y a une ÉNORME amélioration depuis, et c'est la constance qui en est la responsable. Iris sait maintenant à quoi s'en tenir.

Est-ce que ce n'est pas prioritaire, après tout, d'apprendre à faire face à ses agissements en assumant les conséquences?
Il était temps qu'on lui offre cette chance!
Pour le moment, elle n'apprécie pas, mais on s'en reparlera dans 10 ans...

(Un GRAND, GIGANTESQUE merci à M.-C. F., travailleuse sociale)












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