26 décembre 2016

"Mon ami" par-ci, "mon ami" par-là.



AMITIÉ : n.f.  1. Sentiment réciproque d’affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur la parenté ni sur l’attrait sexuel.   2. Marque d’affection. Témoignage de bienveillance.

Vous souvenez-vous du film « Le Vendeur » avec Gilbert Sicotte?

Il y a une scène qui m’a particulièrement marquée et à laquelle je pense souvent ces derniers temps.

Rassurez-vous, je ne suis pas en train de nourrir une compulsion pour le cinéma québécois, c’est juste que la vie met sur ma route de multiples occasions pour me la rappeler.

Au cas où vous seriez du genre blockbuster américain, je vous en dessine immédiatement les grandes lignes. Mais il reste que vous devriez quand même l’écouter en vrai. C’est une bonne scène. Et un excellent film, j’ai trouvé. Et il y a qu’on jurerait qu’il est inspiré de la vie de mon propre père.

Donc, c’est Gilbert Sicotte, que j’ai toujours le réflexe d’appeler Jean-Paul Belleau, qui incarne le rôle d’un vendeur de chars usagés. Il a de la parlotte, il sait écouter aussi, et il appelle tout le monde « mon ami » :

Client :  J’aimerais bien  ce modèle, mais en rouge.
Le Vendeur :  Je regarde ce que je peux faire pour toi, mon ami.

Vous voyez le genre?

Une bonne fois, le vendeur reçoit un appel d’un client, un « ami »  à qui il a vendu un gros truck qui coûte les yeux de la tête. Sauf que c’est pas pour lui parler du camion que l’ « ami » appelle le vendeur. Pas pantoute.
Cette fois-là, le vendeur reçoit un vrai appel d’ami. Un ami qui lui demande de l’aide, sinon il dit qu'il va se faire sauter le caisson. (Houpelaille, le clash…)

Et c’est là que le client assène LA réplique  devant l’hésitation du vendeur à se précipiter pour l’aider : « T’as dit qu’on était amis. » 

Hé! que j’aurais pas voulu être dans les culottes à Gilbert Sicotte!

Méga malaise.



Demande d’amitié

C’est évident que Facebook a banalisé le concept d’amitié en la rendant aussi accessible.

Avant, jamais vous ne m’auriez vu demander l’amitié de quelqu’un!!! J’ai ma fierté, heille!

Maintenant, l’amitié est facile à générer, alors que ça devrait être le contraire.

Je vous entends me dire : « Oui mais ça permet aux personnes isolées de se créer un réseau social! » 
O.K., je peux comprendre que ça puisse « désennuyer » ben du monde. Mais je crois que le jeu n’en vaut pas la chandelle, si on compare les maigres avantages de Facebook, versus l’immense leurre dans lequel on embarque les personnes plus vulnérables.
Et là, vous renchérissez: « Oui, mais tsé, si la personne est trop conne pour faire la différence entre ses VRAIS amis et ses contacts Facebook, c’est pas mon problème. » 

O.K. Eh bien je vais te dire une chose, mon ami (constatez comme c’est rendu facile à ploguer à toutes les sauces! Mon ami par-ci, mon ami par-là…) :
Si c’est supposé être si évident que ça de distinguer les vrais amis des faux, comment expliquer que tant de gens se soient offusqués que je les retire de ma liste d’ amis quand j'ai fait le tri de mes contacts Facebook???
J’ai reçu des messages qui disaient : « Je ne suis plus ton ami??? » ou « Bonne fête pareil même si je ne suis plus ton ami FB. »  

Je capotais de voir ça. Mais pas dans le bon sens.

Quel incroyable timing que je sois en train de lire « En as-tu vraiment besoin ? » de Pierre-Yves McSween.

À la question  « Des amis Facebook, en as-tu vraiment besoin?, je réponds non.
Donc je vous annonce que si vous étiez mon ami FB, vous ne l’êtes plus depuis hier.
Mais je vous rassure aussi! Si vous étiez mon ami tout court, vous l’êtes encore! Et ce n’est pas un réseau social sur le web qui viendra y changer quoi que ce soit.

L’amitié part  de quelque chose qu’on a en commun ou d’une différence. C’est selon.
Elle se crée au fil du temps (des fois c’est long, des fois non), et un beau jour, on ressent qu’on est passé au-delà du jugement. Un respect s’est installé; tout ce qu’on espère pour l’autre, c’est son bien. 
On veut que le MEILLEUR lui arrive. 
Ça veut dire être sincèrement heureux pour lui, quand ça lui tombe dessus. Même si ça tombe dans un temps où pour toi ça va mal.  

Ça veut dire NE PAS ENVIER.

Si on met de côté l’hypocrisie dont nous sommes hélas tous capables, on est obligés de s’avouer que c’est pas facile d’être sincèrement heureux de la nouvelle voiture de l’autre. Ou de le regarder s’envoler sous le soleil alors que toi tu restes à terre. 

En tant qu’amis, sommes-nous vraiment capables de cette bienveillance évoquée dans la définition du mot « amitié » dans le dictionnaire?

J’ai laissé derrière de nombreuses personnes sous ce seul prétexte, le manque de bienveillance.
Et aujourd’hui, je me rends compte qu’il s’agit de mon seul critère d’amitié.

Et je parle de vraie amitié. Pas de la virtuelle.


Ma BFF

Elle s’appelle Caro, on se connaît depuis qu’on est enfants.
Surdouée, elle me coachait en  math, et moi, je lui rendais son aide à la hauteur de mes capacités, en prenant sa défense lorsqu’elle subissait un préjudice.
Plus tard, après avoir fait une jeunesse heureuse, la vie nous a fait prendre des chemins opposés, il fallait le prévoir, on est si différentes!
Et justement!
Je crois  que je suis dans sa vie pour la déstabiliser; et qu’elle est dans la mienne pour me ramener sur terre. Et grâce à cette distinction, l’on s’apporte l’une à l’autre. Et la distance n’y change rien.
Le simple fait de savoir que quelqu’un (en dehors de ma famille) ne veut que mon bien comble amplement mes besoins en amitié.
Et je sais bien que si je l’appelle parce que je suis au bord de me faire sauter le caisson parce que j’ai acheté un gros truck, elle va m’aider. Et que si quelqu’un lui fait du mal, il ne suffira que d’un signe de sa part pour que je lui fasse casser les deux jambes!!! hihi  

Pour moi, le moment est venu de rendre ses lettres de noblesse à l’amitié.

Cette année, bienveillance oblige, je m’entourerai de très peu de gens.

Et j'ai vraiment l'impression que je me sentirai moins seule.

L’année 2017 sera riche!

1 commentaire:

Audrey Lévesque, l'écrivaine a dit...

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE À TOUS MES LECTEURS! Merci d'être là!