2 avril 2017

Basta!

J’ai cette élève à qui je faisais évacuer son stress en lui permettant d’écrire tout ce qui lui passait par la tête…

Plus tard, en parcourant ses écrits, non seulement j’ai(une fois de plus) eu l’occasion de mesurer à quel point l’écriture est bénéfique pour l’esprit tourmenté, mais j’ai découvert aussi une personne qui, malgré qu’elle semble imprévisible et d’humeur changeante  par moments (comme moi), est tellement lucide qu’elle en devient sage à force. 

À un endroit sur la feuille, son écriture inspirée de son vécu en texto a révélé : « J’suis p-ê folle, mais j’ai p-ê raison de l’être. »

J’adore.
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Je me méfie des gens catégoriques. Ceux qui sont si rigides que jamais on arrive à les faire (ré)fléchir. Ils se vautrent dans une opinion hermétique, sans laisser la moindre place au doute, un élément essentiel si l’on veut évoluer.

Sous le prétexte que ma pétillante élève soit expressive, lorsqu’elle est contrariée, on la qualifiera aisément d’hystérique ou d’osti de folle.  

Mais franchement, je préfère 1000 fois un bon pétage de coche bien senti à une insidieuse implosion du coeur.


Les hommes de ma vie

Ne me demandez pas ce qui m’avait poussée à accepter ce pari débile, mais il reste que j’avais été d’accord pour flirter avec lui, devant les yeux écarquillés de ma copine, qui jurait que nous étions bien assortis.  

C’était facile, il avait l’air de Keanu Reeves, mais avec des yeux verts. Wow. C’était même moi qui l’avait embrassé! (dans le temps que j’avais du guts!) 

Au début, ça l’avait un peu shaké, mais « je l’avais rendu dingue de moi », qu’il disait… Trop mignon.

Il avait des iris si profonds que je m’y perdais à l’infini. Non seulement il était beau, drôle et très intelligent, mais il m’apprenait un tas de trucs, sans cette détestable impression de supériorité dont se revêtent certains hommes.

Dans sa grande sensibilité, et malgré notre jeune âge, il observait que je lui apportais une dimension de la vie qu’il ignorait : la créativité. Et moi, dans ma grande naïveté, je croyais le nourrir d’une énergie vitale. Je me suis leurrée.

En plus, il attirait les filles comme du collant à mouche, et ça a rendu mon air irrespirable. Disons qu’il était un peu trop ouvert, et que moi un peu trop fermée. Je ne voyais plus d’avenir pour nous.

Un beau jour, je l’ai quitté.  

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Je m’apprêtais à rentrer quand il était apparu dans l’embrasure de la porte de ma nouvelle classe.  

J’ai tout de suite su que j’étais cuite. Il avait l’air de Matthew McConaughey! Une telle assurance émanait de lui. Rien ne semblait l’intimider. Même pas moi. 

Nous étions tombés amoureux en jouant. On déconnait sans arrêt. On était saouls lors de notre premier baiser même! 

Les jours suivants, il lui arrivait de m’attendre au tournant d’un corridor et de m’embrasser avec un telle fougue que lorsqu’il me dégageait de son étreinte, je devais me tenir au mur, quasi évanouie. 

Avec lui, j’étais toujours déstabilisée. Cela passait des chansons débiles laissées sur ma boîte vocale à la manière dont il stationnait son bazou à moitié grimpé dans le banc de neige. Il incarnait une folie que je lui enviais : l’insouciance. 

Finalement, il s’est avéré étonnamment sérieux!

Un soir, il s’était senti si désemparé devant l’ampleur d’un de mes pétages de coche, qu’il avait dit, à cours de ressources : « Calme-toi, sinon j’appelle ta mère!"

Nous n’habitions ensemble que depuis trois mois.  Il était évident qu’il ne pourrait pas vivre avec moi (lire me gérer),  pas plus que je ne pourrais supporter ses silences quand je le suppliais de me parler.

Je suis partie.
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Ne me demandez pas ce que je foutais dans ce bar de la rue St-Denis alors que j’avais commencé ma soirée en pyjama…

Quand je l’ai aperçu au loin, mon regard ne l’a plus lâché. Toutes les filles le regardaient. C’était Johnny Depp! (La vie est un film dont nous sommes les acteurs. Pour une unique représentation.)

Lui, il n’en voyait qu’une, et c’était moi! Pincez-moi, quelqu’un!

Il était discret, mais j’avais ressenti très clairement son emprise sur moi.  J’étais attirée comme un aimant, vulnérable.  Je lui avais laissé mon numéro. 

Dès le lendemain, nous étions un couple. Inutile de combattre l’évidence : nous nous étions trouvés.  

Notre premier baiser aura été pendant le générique du film « Le Goût des Autres » au cinéma du Quartier Latin. Ça peut avoir l’air super quétaine, mais je vous jure…  Fallait être là! Ouf...

J’étais l’exubérante, lui le réservé.  Tout en moi le prenait par surprise.  Son tempérament pragmatique m’apportait une forme de sécurité, et c’est avec lui que j’ai choisi d’avoir des enfants.

Il m’a grand ouvert les portes de son monde.

Et pourtant...


Born to die

Je ne saurais expliquer ce qui me relie si fort à une chanson.

Quand les mots me manquent, elle s’impose à moi, m’offrant les ressources qu'il me manquent.

Ces derniers jours,  c'est la musique de Lana Del Rey qui me hante, me rappelant que mes amours ont réellement existé. Que j'y ai pris part. 

Born to die... C'est là tout ce que j'aurais dû dire dès le début. (Pas que ça, bien sûr! C'est tout le texte qui me parle!) Ça sonne dark, je sais.  

Oui,je suis fataliste sur les bords. 
Ce qui ne m'empêche pas d'aimer la vie!*


https://www.youtube.com/watch?v=Bag1gUxuU0g


*Je suis juste une grosse motte de contradictions





P-ê folle, p-ê pas 

Vous le savez, chers lecteurs(trices), que je tente quelques expériences de nature anthropologique ces temps-ci, hein?

Je m’amuse doucement, sur votre dos, (mais rien de bien méchant), à vérifier combien peut être profitable la stratégie d'appâtage médiatique appelée « clickbait » (voir texte Tu veux du cul?). 

Je veux vérifier si le « parler cru » est un outil; je souhaite mesurer si le vulgaire prend réellement le dessus sur le sens. 

Déjà, sans être totalement exhaustives, on peut dégager quelques tendances qui étaient à prévoir : les textes dont le titre est soit suggestif, agressif, ambigü et à tendance vulgaire récoltent le plus de clics. Les plus populaires sont « Fille facile », « Tu veux du cul? vol. 1 », « Tu veux du cul? vol. 2 » et « Une vraie pute ».
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C’est clair en tout cas que la technique du rentre-dedans, si savamment abordée par le personnage de Leslie Winkle dans le populaire sitcom "Big Bang theory", est fort lucrative lorsque l’on cherche la productivité. 

Autrement,  elle rend  mal à l’aise et suscite beaucoup de jugement de la part des autres.

Mais cela est néanmoins « la preuve tangible que notre époque mute vers une domination totale de la forme sur le fond » (Le mystère Henry Pick, David Foenkinos, p.137)


Agir et/ou mourir

Tout le monde connaît les célèbres romans constituant la série Millenium.

Cependant, moins de gens savent que l’auteur, Stieg Larsson, est mort juste avant leur parution. 

Quel gâchis…
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J’en connais assez de la vie pour savoir qu’elle entraîne la mort.

C’est pas très positif tout ça, vous trouvez?

Peut-être. Mais c’est vrai.

Et quand vient le temps où la persévérance se transforme en acharnement, c’est carrément toxique.

Considérant qu’il faut faire ce qui doit être fait, il est maintenant temps de fermer ce blogue.



J'ai confiance.

Sachant qu’on ne peut rien prévoir dans la vie, même pas son fonds de retraite! (une pensée spéciale pour toutes les personnes qui ont été flouées par les Vincent Lacroix de ce monde, et à tous ceux qui sont morts à l’ouvrage avant de profiter de leur argent), il me semble opportun de clore ce cycle.

Je quitte. Comme Jean Leloup l'a déjà fait, dans le fond. (Le battage médiatique en moins.) 

Tout comme Elizabeth Gilbert, l’auteure de "Mange, prie, aime", je crois que nos ruines constituent les bases de nouvelles constructions, plus fortes et plus sophistiquées.

Je vais assurément réapparaître ailleurs. En mieux. C’est ça qui est beau.

Un de mes auteurs fétiches disait qu’ « écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne jamais partir ». C’est pourquoi je me suis toujours employée à écrire pour vous autant que pour moi.

En vous sachant là, j’ai vécu de formidables voyages, au bout desquels je n’ai jamais eu peur d’aller.

Merci pour votre ouverture, votre loyauté!

Avec toute ma gratitude,

Audrey

xxx

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